The folk implosion : où le folk américain flirte avec un rock sur le fil, prêt à l'implosion. Pourtant, à l'écoute de One part lullaby ou The new folk implosion, il apparaît que la révolution sonique n'aura pas lieu. Lou Barlow, hier porte-parole d'un rock grunge et déglingué avec Sebadoh, nous livre avec son projet The folk implosion des ballades rock. Carré, binaire, limite traditionnel : couplets / refrain, choeurs à la tierce, mélodies vite retenues et autres tour de magie d'un rock tout simplement efficace.
Evidemment, la formule peut agacer. Candeur ou facilité?
The folk implosion : encore un groupe qui sait rester discret - sinon confidentiel- malgré deux albums très réussis. Deux bons disques de rock, bien ficelés, portés par la voix unique de Lou Barlow, ex-chanteur de Sebadoh. Il semble que ce dernier ait souhaité revenir aux sources d'un rock plus évident, sans être commercial pour autant. Et cette formule lui va plutôt bien. One part Lullaby par exemple (1999) est un de ses disques qui nous paraissent d'emblée familier : mélodies, rythmique, refrain fédérateur. Le genre de disque qui se fait vite une place parmi notre discographie. Un disque malin, qui use de détails irréprochables : section rythmique au carré sur My ritual, sample de Requiem pour un con sur Serge, esprit Beach Boys noisy sur Free to go ou encore basse agile sur Merry-go-down. Difficle de résister devant tant d'application! Les mélodies simples de Lou Barlow alliées à des choix rythmiques pertinents fonctionnent : on se surprend même à chanter (si, si) : "I don't wanna be someone you love..."
Un disque à recommander vivement, ni prise de tête (comme peuvent l'être pafois ceux de Will Oldham! ;.) ni précieux. Pop-rock, tout simplement.
The new folk implosion : le Folk implosion nouveau est arrivé en 2003, revêtant pour cette occasion un nouveau nom - pas franchement recherché, certes. Lou Barlow livre un disque plus noir, et je ne parle pas seulement de sa pochette. Préférant les guitares saturées et une sobriété spartiate : adieu choeurs, clavier, xylophone. Lou Barlow torturé sur Releast, apaisé sur Pearl, ballade traditionnelle (paroles ci-dessus), faussement nonchalent sur End of Henley, mélancolique sur Easy. Seul Leaving it up to me rappelle la légèreté de One part... Un album réussi toutefois, pour qui sait apprécier les compositions sombres de Lou Barlow.


sleepyhead
mar 12 aoû 2008 20:53