Architecture in Helsinki, nouvelle coqueluche rock en provenance d'Australie, a acquis cet hiver une certaine renommée, enflée par le bouche à oreille d'internautes en mal de nouveautés. Cédant à la ferveur ambiante, je me suis penchée sur ce groupe bariolé et attachant, pour qui les collages musicaux n'ont plus aucun secret.
A première vue, Architecture in Helsinki est un nom qui rebute un peu. L'environnement fonctionnel de l'architecture accolé à l'exceptionnelle latitude de Helsinki, brrrrr. Un patronyme glacial qui laisse présager un univers d'un minimalisme austère. Ajoutez à cela l'écho morbide de leur In case we die, et vous obtenez un groupe que l'on aurait pu ne jamais aborder, tant leur patronyme semble annoncer un projet potentiellement conceptuel.
Mais c'est sans compter sur le potentiel comico-explosif des 8 membres de cette tribu, adepte de la blague potache et d'un deuxième degré fièrement revendiqué. Une immense surprise pour tous ceux que la simple évocation de "Architecture in Helsinki" plongeait dans une rêverie métaphysique. Une grande claque aussi, grâce à un album dense et infiniment personnel, qui renouvelle avec brio le paysage rock actuel.
L'album débute (Neverevereverdid) avec une cloche funèbre suivie de cuivres langoureux qui rappellent le Selma's songs de Bjork. Mais Architecture in Helsinki n'est vraiment pas du genre à se prendre au sérieux. Et l'ouverture pompeuse cède rapidement la place à une ritournelle pop soutenue par un improbable tuba, pour s'emballer définitivement au rythme de refrains énergiquement scandés. La formule peut surprendre, si loin des codes pointus d'un rock qui a perdu son inventivité. Car Architecture in Helsinki n'a pas son pareil pour multiplier les rebondissements, retournements de situation et accessoirement de vestes, au sein de compositions en tiroir qui recèlent un trésor de trouvailles facétieuses. Autant de revirements qui destabilisent et - à l'occasion - ravissent l'auditeur. AIH refuse en effet de se laisser enfermer dans une pop formatée et se joue des critères entendus. L' album regorge de pop songs en puissance, que AIH s'efforce de défigurer, de dévergonder, bref d'empêcher de tourner en rond, avec un plaisir manifeste. Adeptes de la chanson hybride, lorsque les tonalités instrumentales se superposent aux multiples humeurs de cette prolifique compagnie. Ainsi, l'énergique Wishbone a sur la fin des échos mélancoliques, l'électro-pop très efficace de Do the whirlwind s'achève sur des choeurs et des cuivres. Même In case we die se fait le luxe d'un final langoureux.
AIH sait mettre à profit l'exceptionnelle émulation qui l'anime, en développant toute idée ou suggestion instrumentale provenant d'un de ses membres. Leur principe de composition est basé sur une sorte de légo instrumental : juxtapositions d'instruments divers, parfois inhabituels, qui portent la composition en exploitant leur singulière union. Les Architecture in Helsinki réussissent par ce biais à dévergonder un tuba, à pervetir un accordéon, à libérer un tambour du carcan d'une fanfare locale. Une joyeuse danse - ou un joyeux foutoir, c'est selon - qui aboutit à des résultats assez surprenants, tel The cemetry, sorte de micro-comédie musicale, avec boîte à rythme, refrain power pop et voix fantasques. Derrière cette apparente désinvolture, les AIH se révèlent capables du meilleur, lorsqu'ils parviennent à canaliser leur effervescence (Rendez vous Potrero Hill, Need to shout, What' s in store).
In case we die porte finalement bien son nom. Avec le sérieux d'un enfant qui joue, Architecture in Helsinki nous livre un pseudo-testament, fantaisiste et inspiré.
A première vue, Architecture in Helsinki est un nom qui rebute un peu. L'environnement fonctionnel de l'architecture accolé à l'exceptionnelle latitude de Helsinki, brrrrr. Un patronyme glacial qui laisse présager un univers d'un minimalisme austère. Ajoutez à cela l'écho morbide de leur In case we die, et vous obtenez un groupe que l'on aurait pu ne jamais aborder, tant leur patronyme semble annoncer un projet potentiellement conceptuel.
Mais c'est sans compter sur le potentiel comico-explosif des 8 membres de cette tribu, adepte de la blague potache et d'un deuxième degré fièrement revendiqué. Une immense surprise pour tous ceux que la simple évocation de "Architecture in Helsinki" plongeait dans une rêverie métaphysique. Une grande claque aussi, grâce à un album dense et infiniment personnel, qui renouvelle avec brio le paysage rock actuel.
L'album débute (Neverevereverdid) avec une cloche funèbre suivie de cuivres langoureux qui rappellent le Selma's songs de Bjork. Mais Architecture in Helsinki n'est vraiment pas du genre à se prendre au sérieux. Et l'ouverture pompeuse cède rapidement la place à une ritournelle pop soutenue par un improbable tuba, pour s'emballer définitivement au rythme de refrains énergiquement scandés. La formule peut surprendre, si loin des codes pointus d'un rock qui a perdu son inventivité. Car Architecture in Helsinki n'a pas son pareil pour multiplier les rebondissements, retournements de situation et accessoirement de vestes, au sein de compositions en tiroir qui recèlent un trésor de trouvailles facétieuses. Autant de revirements qui destabilisent et - à l'occasion - ravissent l'auditeur. AIH refuse en effet de se laisser enfermer dans une pop formatée et se joue des critères entendus. L' album regorge de pop songs en puissance, que AIH s'efforce de défigurer, de dévergonder, bref d'empêcher de tourner en rond, avec un plaisir manifeste. Adeptes de la chanson hybride, lorsque les tonalités instrumentales se superposent aux multiples humeurs de cette prolifique compagnie. Ainsi, l'énergique Wishbone a sur la fin des échos mélancoliques, l'électro-pop très efficace de Do the whirlwind s'achève sur des choeurs et des cuivres. Même In case we die se fait le luxe d'un final langoureux.
AIH sait mettre à profit l'exceptionnelle émulation qui l'anime, en développant toute idée ou suggestion instrumentale provenant d'un de ses membres. Leur principe de composition est basé sur une sorte de légo instrumental : juxtapositions d'instruments divers, parfois inhabituels, qui portent la composition en exploitant leur singulière union. Les Architecture in Helsinki réussissent par ce biais à dévergonder un tuba, à pervetir un accordéon, à libérer un tambour du carcan d'une fanfare locale. Une joyeuse danse - ou un joyeux foutoir, c'est selon - qui aboutit à des résultats assez surprenants, tel The cemetry, sorte de micro-comédie musicale, avec boîte à rythme, refrain power pop et voix fantasques. Derrière cette apparente désinvolture, les AIH se révèlent capables du meilleur, lorsqu'ils parviennent à canaliser leur effervescence (Rendez vous Potrero Hill, Need to shout, What' s in store).
In case we die porte finalement bien son nom. Avec le sérieux d'un enfant qui joue, Architecture in Helsinki nous livre un pseudo-testament, fantaisiste et inspiré.


joyapalace
jeu 16 mar 2006 21:18