2005 a vu la sortie de A river ain't too much to love de Smog. Impatience brûlante d'écouter ses dernières litanies douces-amères. Doublée d'une légère angoisse : et si cet album était décevant?! Voilà ce qui advient lorsque un artiste, pourtant discret, suscite une telle ferveur. Capable d'un tel génie - je pense à The doctor came at dawn, Red apple falls ou Dongs of sevotion - il tient une place toute particulière dans mon autel rock, toujours illuminé et fervent.
Qu'en est-il cependant de ses chansons?
Première impression : il chante étonnamment bas, révélant des tonalités nouvelles. Say Valley Maker est un bon exemple de cette voix aux accents si particuliers. Bill nous a prévenus, I'm gonna Phoenix... Quelles sont donc ces métamorphoses à jour dans ce nouvel opus? A première vue, la musique de Smog est bien telle qu'on l'attendait : mélange d'arpèges mineurs égrénés au fil de sa poésie moderne, de dévotion prosaïque et de silence. Très important le silence, cette façon qu'il a de poser sa voix, et de laisser la part belle aux accords tout aussi explicites.
Smog a su évoluer, laissant de côté sa musique épurée à l'extrême. Il suffit d'écouter I feel like the mother of the world pour se laisser bercer par le scintillement des mélodies. Mais l'euphorie est toujours de courte durée pour Smog, comme s'il fallait s'empêcher d'être trop vif trop longtemps. La langueur finit toujours par nous gagner, aux détours du tempo résolument lent de ses autres morceaux ou des gémissements de Drinking at the dam.
Smog suit sa route, à cheval sur le folk, le rock et la poésie en demi-teintes. A river... n'est sans doute pas son meilleur album - bien que ces mêmes albums ont la propriété non négligeable de se bonifier à l'écoute. Smog (re)fait du Smog, et pérpetue son blues, atypique et symptomatique à la fois. Ce disque a néanmoins le mérite d'être sincère et habité, comme chacune de ses productions.


lun 26 mar 2007 22:50