Palace... music  posté le mardi 25 octobre 2005 17:24

Ce que j'aime en général chez un écrivain, c'est de parvenir à cerner son monde au fil des lectures, grâce à des thèmes récurrents qui sont autant de balises, de repères. Plus on lit Dostoievski par exemple, plus on pénètre son univers intimiste jusqu'à la claustrophobie, peuplé de personnages névrosés mais profondément humains. Paranoïa, rumination et masochisme en sont autant de manifestations possibles.

Pour Will Oldham, c'est la même chose, bien que je ne le compare pas à Dostoievski - quoiqu'il en serait flatté?! Ecouter les paroles de ses chansons, c'est se plonger dans les abysses de névroses en tous genres, développées à cause de l'angoisse, de l'ennui et/ ou de la folie. Mais s'y plonger presque confiants, avec la certitude de ne pas s'y abîmer totalement. Car le spleen de Will Oldham, dispensé depuis plus de 10 ans, en devient presque caricatural, ponctué des mêmes leitmotives : mélancolie et ironie blasée.

Toujours les mêmes figures : des amours bancales, des histoires de servitude et de délivrance aussi - lorsque Will O. évoque les chevaux, le fleuve Mississippi ou la rivière Ohio.


Au fond, c'est ça que j'aime chez lui : l'assurance de se plonger dans un univers (dé)construit avec plus de soin qu'il ne veut bien l'admettre.

 

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