L'énergie de Will Oldham en concert a été évoquée plus haut. Venons-en désormais à Smog, autre représentant d'une mouvance folk rock, qui allie arpèges (souvent) mineurs et poésie.
J'ai fait le déplacement en 2000 pour assister au concert de Smog, dans la jolie salle du Café de la Danse à Paris. Bonne acoustique, chaleur de la pierre et des lumières diffuses, émerveillement. Bill Callahan débarque avec sa guitare suivi de ses acolytes - notamment un des guitaristes de Tortoise. Celui-ci produit les riffs précis, presque métaliques, de Strayed, chanson qui ouvre leur prestation. 2000 avait en effet vu la sortie de Dongs of Sevotion - notez la contrepèterie quasi dada, car dongs est un équivalent argotique de dick...
Fermons la parenthèse.
Les chansons s'enchaînent : précision et langueur des guitares frôlées, taquinées, chavirées, la voix grave de Bill Callahan en plus. Smog a su aussi dévoiler un côté plus rock, lorsque guitares et batterie s'emballent. Un son rond et puissant, garanti par l'acoustique particulière du Café de la Danse.
Je garde le souvenir d'une atmosphère de ferveur et d'énergie contenue. Bill Callahan nous donne à lire les variations du sismographe de son coeur : de l'émotion en demi teinte jusqu'au débordement pathologique.

