Il est des disques qui surgissent comme autant de bonnes surprises, petits plaisirs inattendus. L'album Andrew Bird and the mysterious production of eggs est un de ceux-là. Ce songwritter assez prolifique restait plutôt confidentiel en France jusqu'à présent. Cet album permet de se familiariser avec son univers à la fois fantaisiste et poétique. Andrew Bird a en effet un sens inné de la composition : mélodies originales et paroles intelligentes. De petites comptines douces-amères, qui savent tirer parti de la formation classique de ce violoniste hors pair.
Le concert du 12 octobre dernier au Poste à Galène a ravi un public venu applaudir cet artiste atypique. Seulement deux musiciens : un batteur inventif et l'inénarrable Andrew Bird, tantôt violoniste, tantôt guitariste, mais toujours chanteur et prenant, avec une facilité déconcertante, une certaine liberté par rapport aux versions studio. Un système de boucles enregistrées en direct (toutes les 4 mesures par exemple) permettait d'obtenir une véritable épaisseur, donnant l'impression d'un orchestre de cordes, là où il n'y avait qu'un seul violoniste. Les modulations de sa voix chaude complétaient la richesse de cet étonnant duo. Ajoutons à cela un sens réel de l'autodérision : sur A nervous tick motion of the head to the left, Andrew Bird jouait la surenchère, multipliant les tics de la tête : du mécanique plaqué sur du vivant. L'authentique simplicité et la sympathie de ce chanteur a gagné la salle, qui en redemandait (3 rappels). Bref un très bon moment, qui alliait pop de qualité et bonne humeur.


manonlacagole
dim 12 mar 2006 14:15