Les vieilles charrues : on ne présente plus ce festival mythique, qui sait allier l'hospitalité bretonne et la musique de qualité. Festival gigantesque - et ça ne va pas s'arranger avec la venue de Johnny en 2006 - où cohabitent trois scènes principales, et autres lieux plus modestes, réservés aux talents locaux.
L'édition de 2005, à défaut d'être particulièrement ensoleillée - ah, les joies de la boue retrouvée - était un assez bon cru. 3 jours de concerts, de 14h à 3h du matin, des choix s'imposaient donc.
Je garde un souvenir émerveillé de la prestation de New Order le premier soir - en même temps que Ghinzu : le choix s'était donc porté vers les "anciens" de Manchester. Un son rond et parfaitement maîtrisé, la basse de Peter Hook servant de fil d'Ariane. Le chanteur Bernard Summer fait preuve d'humilité, présentant ses dernières chansons comme l'aurait fait un groupe impressionné par la scène. Mais B. Summer, en vieux singe savant de l'électro-pop, sait y faire. Pour enflammer les foules, les reprises de ses anciens tubes, ceux de l'âge d'or de New Order, se succèdent assez rapidement : Blue Monday, Temptation, Bizarre love triangle, Age of consent, etc. Autant de chansons qui, à l'instar de leur charismatique chanteur, n'ont (presque) pas pris une ride. La magie opère, et le déhanchement aussi. Ces morceaux que nous connaissons par coeur nous apparaissent comme transfigurés. Quelle énergie et surtout, quel son! Souvent imité, jamais égalé. Les inventeurs de l'électro-pop, s'ils ont pris de la bouteille, peuvent toutefois se permettre de rivaliser avec leur prolifique descendance.


sam 03 déc 2005 18:01