Tout le monde nous rebat les oreilles avec ce passage obligé qu'est la parution du deuxième album d'un groupe - a fortiori lorsque ce même groupe a connu un succès (inter)planétaire. Le coup d'essai de Franz Ferdinand (leur album éponyme) avait en effet tout l'air d'un coup de maître. Des tubes en puissance qui s'enchaînent, grâce à une savante potion magique écossaise : de l'authentique disco-rock. Basse bien calée, batterie qui ne rénie pas ses cymbales et riffs ravageurs. Ajoutez à cela la gueule d'ange underground du chanteur et tout ce qui s'apparente à une savante stratégie de communication : patronyme provocateur, look de dandy rock, esthétique néoconstructiviste (cf. photo). Il s'ensuit le succès que chacun connaît, largement jusitifié d'ailleurs, car Franz Ferdinand est vraiment un bon album, et un baton de dynamite musicale sur scène.
Pour les avoir vus aux vieilles charrues, je reste impressionnée par leur jeu de scène - impeccable comme leur français - et la réelle connivence qu'ils établissent avec leur public. 70 000 personnes qui reprennent leurs tubes en sautillant, chapeau bas.
Mais qu'en est-il de Franz Ferdinand maintenant, suite au tant attendu deuxième album?
A force d'attendre en idôlatrant, on risque fort d'être déçu. C'est exactement ce que je ressens face à ce You could have it so much better with.... Ce titre d'ailleurs : très ironie attendue, qui se retourne contre ses géniteurs : trop de second degré tue. Mais passons. Les pseudo-mégalos Franz Ferdinand en font trop, définitivement. Il suffit d'écouter Do you want to, qui ressemble à une caricature grossière de leurs premiers morceaux. Tout y est : la rythmique disco, le break guitareux, le déhanchement. Limite pénible. Et malheureusement assez représentatif de cet album qui, bien malgré lui, vérifie l'adage populaire selon lequel le deuxième album est toujours une déception en puissance.


joyapalace
jeu 08 déc 2005 20:00