Comment faire la part entre ce qui relève d'un pur phénomène de mode et ce qui relève d'un réel talent? Ce problème - à défaut d'être une question métaphysique - se pose au sujet de Piers Faccini. Ce dernier commence à se faire un nom en France, grâce au bouche-à-oreille de fans conquis par sa mélancolie de velours. D'aucuns considèrent Leave no trace comme un des albums majeurs de l'année 2004, toutes catégories confondues, tandis que d'autres se méfient de l'engouement que suscite cette nouvelle idole - au sens propre.
Mon but ici n'est pas de trancher catégoriquement, mais de me livrer, après écoute assidue, à une "humeur" sur cet album.
Un petit mot sur notre homme tout d'abord : un artiste complet, un "peintre chanteur" ou bien l'inverse, comme il se définit lui-même. Une polyvalence artistique qui vient compléter la richesse de ses origines : un anglo-italien qui a vécu en France. Son album Leave no trace impose un style singulier, largement porté par cette voix chaude, cousine phonique de Nick drake. La ressemblance est frappante - comparez son Where angels fly à River Man de Nick Drake par exemple - même tonailté, même phrasé. L'instrumentation aussi a une filiation évidente avec Nick Drake : arpèges de guitares, mélodies placées posément, avec un goût prononcé pour la mélancolie.
Cette ressemblance une fois dépassée, l'album de Piers Faccini dévoile quelques perles : de Where angels fly cité plus haut à Come my demons, ou encore Circles round you, où piano et basse encadrent à merveille sa voix. D'autres morceaux plus calmes - sinon mous - ont moins d'intérêt, car il y manque cette étincelle qui transcende le style "ballade à guitare". En somme, un album très agréable à écouter, que le grand Nick Drake ne renierait pas.
Le site officiel de Piers Faccini :
discographie, actualités, partitions, forum sur lequel intervient Piers Faccini himself : un site très complet pour découvrir son petit monde.


King Of Siam
lun 21 nov 2005 15:43